Dr. Denis O’Donnell

Dr. Denis O’Donnell

L’impulsion de respirer

Et si vous aviez l’impression qu’un ballon de football américain est pris dans chacun de vos poumons, chaque fois que vous essayez d’inspirer?

Lors de ses études médicales en Irlande, le Dr Denis O’Donnell se souvient clairement du sentiment d’impuissance qui l’habitait en voyant des patients combattre l’affection débilitante que l’on nomme « dyspnée » (ou essoufflement), et en n’ayant que de l’oxygène ou des opiacés à leur offrir. La dyspnée est un symptôme courant et inconfortable de plusieurs maladies pulmonaires. Malgré une pharmacothérapie et une réadaptation pulmonaire, elle peut être un combat quotidien. Et les effets psychologiques qui l’accompagnent, comme la peur, l’anxiété et la dépression, sont tout aussi affligeants que ses effets physiques.

Fait frustrant, parfois quand on s’attend au symptôme, on contribue à le provoquer.

Le Dr O’Donnell est professeur de médecine à l’Université Queen’s de Kingston, Ontario. Au cours de sa longue et illustre carrière, il a été reconnu aux échelons national et international pour son travail visant à comprendre, à traiter et à gérer la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC).

Les personnes atteintes de MPOC ont une « impulsion de respirer » plus forte que des sujets témoins en bonne santé. Lorsque leurs poumons se surgonflent (même pendant une activité minimale), elles ont la sensation de ne pas pouvoir inspirer, un peu comme si des ballons de football prenaient tout l’espace. Cela amplifie l’impulsion de respirer, car une plus grande ventilation est requise. Fait étonnant, la recherche du Dr O’Donnell a révélé que les personnes atteintes de MPOC légère et dont les symptômes pourraient ne pas être détectés par des tests de spirométrie conventionnels, et même les personnes à risque, ont elles aussi cette impulsion plus forte de respirer, et que les dommages aux poumons pourraient commencer beaucoup plus tôt que ce que l’on croyait.

La MPOC affecte les petites voies aériennes et les vaisseaux sanguins avoisinants; même des cas légers peuvent causer une inflammation étendue. La tendance consiste à ne pas traiter les individus jusqu’à ce que leurs symptômes deviennent problématiques, mais une intervention précoce pourrait être bénéfique pour contrôler l’inflammation qui commence à causer de légers changements. Ces changements sont subtils au repos et plus marqués en présence de stresseurs comme l’exercice, ce qui pourrait contribuer à la « dérive vers l’inactivité » souvent observée même dans les cas légers. La médication ou d’autres méthodes pour contrôler l’inflammation pourraient contribuer à garder les individus actifs plus longtemps et à améliorer leur qualité de vie.

Le Dr O’Donnell considère que les sommes considérables de financement qu’il a reçues de l’Association pulmonaire au fil des années ont été vitales à la productivité de son laboratoire et à ses plus de 300 publications. Il affirme « sans l’ombre d’un doute » qu’il n’aurait pas connu un tel succès sans ce soutien financier. Il accorde également un plein crédit à ses patients, dont plusieurs choisissent de faire don de leur temps, de leur énergie limitée et de leur souffle dans le cadre d’études physiologiques exigeantes pour aider les autres, si ce n’est eux-mêmes.